Anatomie
 Anatomie

Les vers de terre sont des animaux qui se distinguent par une anatomie allongée et circulaire. Ce sont des annélides ou vers annelés, dont le corps est constitué par un série de nombreux anneaux successifs appelés les métamères (de 60 à 200), lesquels ont tous une anatomie à peu près semblable et se répétant régulièrement. La région antérieure est plus effilée et porte la bouche; alors que la région postérieure, parfois plus renflée et légèrement aplatie, porte l'anus. Seule la partie correspondante à la tête, c’est à dire le tiers avant du ver, où sont situés les organes génitaux, se distingue des autres segments du corps par des organes supplémentaires.

Le renflement dorsal, ou clitellum, va du 33e au 37e segment, et apparaît à la maturité génitale. Il sécrète un cocon qui reçoit les oeufs et les spermatozoïdes en période de reproduction. Les réceptacles séminaux et les orifices génitaux mâles et femelles sont situés entre le clitellum et l'extrémité antérieure. Les pores dorsaux et les soies, au nombre de 4 couples par segment, sont présents sur chacun des métamères.

Bien que les vers n’aient pas d’yeux, ils ont des récepteurs très sensibles à la lumière dans leur peau. Quand ils sont exposés à la lumière, ils cherchent à s’enfouir et ils ne vont ressortir qu’une fois l’obscurité revenue. La peau des vers est aussi très sensible au soleil et peut subir facilement une insolation.

La taille des vers de terre peut varier considérablement entre les espèces depuis quelques millimètres jusqu’à 3 mètres pour le ver de terre géant de l’Australie

 

 

 

 

 

L’anatomie du lombric ressemble à trois cylindres installés l’un dans l’autre. La partie interne contient un long intestin qui traverse tout le corps; la partie médiane est constituée de deux séries de muscles : l’une longitudinale et l’autre circulaire. Enfin, l’épiderme forme l’enveloppe externe, appelée cuticule.

Les deux couches musculaires qui enrobent le ver permettent une locomotion efficace. La musculature circulaire externe est responsable des contractions segmentaires et la musculature longitudinale, plus interne, permet l'allongement des segments. Les soies permettent l'accrochage à la paroi des galeries et le pore dorsal l'éventuelle évacuation rapide du liquide coelomique.

 

Cet ensemble constitue un outil pneumatique remarquable, permettant la reptation par mouvement péristaltique. Le travail musculaire est réglé segment par segment grâce à un chapelet de cavités étanches susceptibles de communiquer entre elles par des sphincters.

 

 

 

 

 

 

On distingue chez le lombric la présence de six systèmes distincts : un système nerveux, respiratoire, circulatoire, digestif, excréteur et immunitaire.

Système nerveux

À l’avant, et juste au dessus du pharynx est situé un ganglion cérébral qui forme le cerveau du ver. Une chaîne nerveuse double longe son ventre jusqu’à la queue. Cette chaîne capte toutes les vibrations environnantes et lui sert de système d’alerte qui déclenche le comportement de fuite. Chaque segment possède des cellules sensibles au toucher, ainsi qu’à certains produits chimiques. L’organe des sens se réduit à des cellules sensitives. Le lombric ne possède ni yeux ni antennes, contrairement aux polychètes (vers marins). Cependant, des cellules nerveuses situées principalement sur sa tête et sa partie dorsale lui permettent de capter la présence de lumière. Au niveau gustatif, les vers rouges sont peu exigeants comparativement aux vers de terre des pelouses. Ils mangent de tout. Le fumier de lapin, les oranges, les bananes et même la colle servant à la fabrication du carton gaufré. Eisenia foetida aime se tenir dans la matière organique alors que Lumbricus terrestris préfère les feuilles pourrissantes et choisira les feuilles sèches en dernier recours.

 

 

 

Système respiratoire

Les vers de terre n’ont ni poumons ni branchies pour respirer. La prise d’oxygène se fait par toute la surface du corps grâce à la peau qui assimile directement l’oxygène dissous dans l’eau. C’est donc une respiration de type cutané. À l'air libre, ils se dessèchent rapidement et meurent. C’est pour cette raison que les vers de terre doivent toujours maintenir leur peau humide. Ils se protègent du rayonnement solaire en se dissimulant dans la végétation et dans le sol et vont émerger à la surface seulement à la nuit venue comme le lombric. Si un ver est sorti de terre et exposé à la lumière solaire, il essaiera de se protéger du dessèchement qui entraîne la mort par des sécrétions d’un mucus protecteur. Dans le sol, une centaine de lombrics nécessitent aussi peu qu’un milligramme d’oxygène par heure.

 

 

Système circulatoire

Le système circulatoire des lombrics est composé de cinq paires de coeurs formant des arches autour de son oesophage, un vaisseau contractile acheminant le sang de la queue vers la tête et d’une série de quatre vaisseaux ventraux courant au pluriel de la tête vers la région postérieure. Leur sang ne contient pas de globules rouges, mais de l'érythrocruorine, pigment voisin de l’hémoglobine et qui se trouve directement dissoute dans le plasma. Pour survivre à nos hivers ou à un taux d’humidité trop bas, les lombrics vont descendre dans le sol sous la limite du gel. Par la suite ils se regrouperont ensemble, formeront une boule compacte, sécréteront une couche de mucus qui leur permettra de passer l’hiver en état de léthargie.

 

 

 

Système digestif

Les lombrics sont littéralement des ¨machines à digérer. Le tube digestif, rectiligne de la bouche à l’anus, se différencie antérieurement en une bouche suivie d’un pharynx . Ce dernier, dévaginable, est renflé dans sa partie dorsale en un bulbe qui joue un rôle important dans la collecte de la nourriture; formant ventouse, il s’applique sur les plus gros débris qu’il entraîne en se rétractant.

Les aliments qu’ils ingurgitent par le prostomium (ou lèvre supérieure), vont transiter dans leurs intestins pendant une vingtaine d’heures. Les glandes de Moren, qui ont la particularité de fixer le gaz carbonique de l’air ambiant, sont situées dans l’oesophage cilié.
Vient ensuite le jabot (ou estomac) qui débouche sur le gésier, endroit musculeux où sont brassés la nourriture et les petits cailloux. En effet, les vers ingurgitent de petites pierres afin d’aider leur digestion, tout comme les vaches, les poules et les oiseaux !! Le tout termine sa course dans l’intestin puis vers l’anus. Le haut de l’intestin possède une invagination appelée typhlosolis qui facilite l’assimilation des nutriments. Cette sorte de gouttière est remplie de cellules spécialisées, les cellules chloragogènes, qui interviennent à la fois dans le métabolisme des glucides et dans l’excrétion (en accumulant de l’urée).

Ces cellules jouent donc le rôle de foie et de rein d’accumulation.
 

Le tube digestif des lombrics contient plusieurs enzymes.

• La protéase, pour la digestion des protéines

• L’amylase, pour l’amidon

• La saccharase, pour la digestion d’un sucre, le saccharose

• La lipase, pour les lipides

• La chitinase, pour la chitine

• La cellulase, pour la cellulose

Même si certaines de ces enzymes proviennent de bactéries, elles contribuent tout de même à la digestion.

 

 

 

Système excréteur

Sauf au niveau de la tête, chaque segment contient une paire de reins minuscules appelés néphridies; chacun de ces reins s’ouvre à l’extérieur par un petit pore. Selon Grassé (1959) les lombrics évacuent par les reins une quantité d’eau équivalente à la moitié de leur poids par jour, soit 48 %. Un autre 38 % d’eau est éliminé autrement. Des pores dorsaux communiquent avec la cavité coelomique et permettent aux vers d’éjecter un fluide qui assure une certaine protection contre le stress, comme la chaleur, le froid ou la présence d’un prédateur. Certaines espèces peuvent éjecter leur liquide coelomique à plus de dix centimètres de hauteur et même jusqu’à trente centimètres; c’est le cas d’un Mégascolide appelé Didymogaster sylvaticus.

 

 

Système immunitaire

Nous savons que certaines cellules produisent des lipoprotéines qui ont un effet antibiotique. Le liquide qui se trouve dans le coelome possède des propriétés bactéricides. Eisenia foetida peut réduire de quatre à cinq fois la population de salmonelles dans un sol contaminé. Cependant, on connaît au moins deux bactéries mortelles pour un lombric : Bacillus thuringiensis et Entérobacter aerogènes

 

Pouvoir de régénération

Eisenia foetida a le pouvoir de se régénérer. Cependant si nous le coupons en deux, nous n’obtenons pas deux individus, mais un seul. Pour qu’il soit capable de se régénérer, il ne faut pas qu’il soit coupé entre le neuvième et le vingtième segment, car les deux parties du ver vont mourir. Pour survivre, il doit obligatoirement conserver les douze segments situés entre le neuvième et le vingtième segment inclusivement. Il peut aussi mourir d’une entaille à la tête, soit sur l’un des huit premiers segments. Il survit par ailleurs à une ablation de son cerveau ou ganglion nerveux, mais son cordon nerveux s’avère essentiel pour se régénérer. Chez Lumbricus terrestris le pouvoir de régénération ne fonctionne que si l’on préserve dix-huit segments, soit du cinquième au vingt-deuxième inclusivement. En général, seule la partie antérieure (la tête) se génère une queue, le bout postérieur ( la queue) quant à lui, dégénère et meurt